Kathleen Collins

Née en 1942, Kathleen Collins a grandi à Jersey City. Elle suit des études à la prestigieuse université de Skidmore dans l’État de New York et en 1963, elle obtient une licence de philosophie et de religion. En 1965, elle est récipiendiaire d’une bourse pour compléter son cursus à la Sorbonne ; elle en sortira diplômée en littérature française et en cinéma. Entre-temps, Kathleen Collins s’est engagée dans le mouvement des droits civiques après avoir rencontré les leaders du SNCC, Student Nonviolent Coordinating Committee (Comité de coordination non-violent des étudiants) dont le logo, une main noire qui serre une main blanche, affiche, on ne peut plus clairement, les convictions.

 

De retour aux États-Unis, Kathleen Collins enseigne l’histoire du cinéma et l’écriture scénaristique à l’université de New York. Parallèlement, elle mène une carrière de scénariste et de réalisatrice à une époque où rares étaient les femmes, les femmes noires en particulier, à accéder à ces ambitions. Losing Ground, son premier long métrage, sorti en 1982, est le premier dans l’histoire du cinéma à être dirigé par une Afro-Américaine. Le film remportera le premier prix au Festival du film international de Figueira au Portugal, deviendra culte pour les cinéphiles et en 2019, il est au programme du festival international de Locarno. Kathleen Collins a écrit tout au long de sa vie. Elle a tenu un journal, écrit des nouvelles, de nombreuses lettres, des pièces de théâtre et des scénarios.

 

Son œuvre est traversée par une curiosité débordante pour l’individu et ses comportements. Selon elle, si la couleur de peau a une influence certaine sur la vie d’une personne, la couleur de son épiderme, sa “race” 1- sont insuffisantes pour la définir, comme le rappelle l’encyclopédie Greenwood de littérature multiethnique américaine (p 482). Le regard et la pensée de Kathleen Collins étaient précurseurs et courageux à une époque où les communautés, pour se définir, privilégiaient encore plus leurs différences culturelles qu’aujourd’hui.

 

Kathleen Collins décède à l’âge de 46 ans d’un cancer du sein.

 

En 2015, le Lincoln Center de New York programme Losing Ground ; c’est une déflagration. Est révélée la réalisatrice, Kathleen Collins, et bientôt l’écrivaine Kathleen Collins. Sa fille, Nina, profite de cet enthousiasme et fait publier les écrits de sa mère, restés jusqu’alors dans ses tiroirs.

 

Slate écrira en 2017 :

« L’œuvre de Collins va être, sans aucun doute, aujourd’hui canonisée mais quel dommage que cela n’ait pas été fait plus tôt. »

New York Times Book Reviews en 2016 annonce :

« Éblouissant (…) dans ses nouvelles, nous découvrons une écriture habile, un regard affûté, mordant notamment quand elle fait apparaître le politiquement correct