Le discours du dictateur

En librairies le 16 octobre 2026

Préface Christian Delage

 

En 1940, Charlie Chaplin réalise un film événement : Le discours du dictateur. Nommée 5 fois aux Oscars, cette satire du régime nazi, plus particulièrement de la figure d’Hltler, devient son plus grand succès public et commercial.

C’est aussi son premier film parlant, et on y entend pour la première fois sa voix notamment dans le rôle du dictateur : Chaplin lui-même prononce le fameux discours qui remet chacun de nous sur le chemin de la Démocratie.

Traduction et photo Copyright © Roy Export SAS. All Rights Reserved Couverture © Tylor Durand ISBN 9782371200807 | Diffusion BLDD | Genre | Discours

Charles Spencer Chaplin est né à Londres le 16 avril 1889. Ses parents, Charles et Hannah, tous deux artistes de music-hall, se séparent avant ses trois ans. Sa mère, à la santé très fragile, se bat pour élever Charles et son demi-frère aîné Sydney, enfant illégitime. En raison de l’extrême pauvreté dans laquelle ils vivent, les deux passeront une grande partie de leur petite enfance dans des institutions pour jeunes indigents. Hannah finira par être internée dans un hôpital psychiatrique.

À dix ans, Charles joue dans une troupe d’enfants danseurs de claquettes : les Eight Lancashire Lads. Pendant plusieurs années, il incarne le petit groom Billy dans la pièce Sherlock Holmes qui est aussi produite dans un théâtre du West End à Londres. Le petit Chaplin est remarqué et commence à côtoyer de grands acteurs qui lui enseignent l’art de la comédie.

Plus tard, il intègre le Casey’s Circus et ses imitations de comiques célèbres sont remarquées. Après avoir exercé différents métiers dans le music-hall, il rejoint la troupe de Fred Karno, le plus grand imprésario britannique de spectacles de cabaret. Chaplin en devient très vite la star. En 1913 la troupe part en tournée dans les music-halls américains. Repéré par Mack Sennett, Chaplin est engagé par la Keystone Comedy Company à Hollywood. Il joue dans de nombreux courts et moyens métrages. C’est alors qu’il crée le costume et le maquillage qui vont le rendre célèbre. Le vagabond défenseur des opprimés est né. Un an plus tard le monde entier l’adule.

Toujours en quête d’indépendance, il passera d’une compagnie à une autre. En 1918 il crée son studio et en 1919, il co-fonde, avec Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D. W. Griffith, United Artists, une société de distribution qui lui assure une liberté totale de création. Avec L’Émigrant, Charlot soldat, Le Kid ou La Ruée vers l’or, Chaplin s’impose : la façon dont il perçoit ses personnages, leurs émotions, son regard porté sur les conditions sociales dans lesquelles ils vivent et bien sûr son jeu d’acteur exceptionnel et sa créativité burlesque hors norme conquissent le public du monde entier. Il tourne plus de 70 petits films muets en moins de quatre ans.

Mais la pantomime, son langage universel, se trouve brusquement bousculer par l’avènement du parlant. Chaplin réfléchit : d’abord il va utiliser le son pour l’ajouter aux images à la manière d’un accompagnement musical synchronisé et pré-enregistré : ce sont Les lumières de la ville et Les Temps modernes.

C’est en 1940 avec Le dictateur qu’il se lance dans l’écriture des dialogues et là encore il dévoile son immense talent. La célébrité mondiale rencontrée par Chaplin est unique dans l’Histoire. Mais depuis les années 1920 Edgar Hoover, le patron du FBI, figure de la droite dure américaine, s’est lancé dans une chasse aux sorcières et vise le cinéma en particulier. Les autorités se méfient de Chaplin, un homme très riche, indépendant, qui refuse de prendre la nationalité américaine, se moque du puritanisme et dénonce dans ses films les brutalités policières sur celles et ceux venus chercher une vie meilleure aux États-Unis. Hoover le traque et s’attaque à sa vie privée : Chaplin est un homme à femmes. Il devient la cible d’attaques répétées de l’Amérique puritaine. Son histoire raconte l’Amérique de cette époque*.

Monsieur Verdoux sort à New York en avril 1947 alors que le conservatisme de la société atteint des sommets, tout comme la paranoïa des autorités. Dés la première, le film est mal reçu et lors de la conférence de presse, les journalistes se refusent à parler du film : ils ne posent à Chaplin que des questions sur ses opinions politiques, son patriotisme, ses problèmes d’impôts et son refus d’adopter la nationalité américaine. Le député conservateur John Renkin dira : « Chaplin porte préjudice aux fondements moraux de l’Amérique. Dès lors, nous devons le tenir à l’écart des écrans et cacher ses films répugnants aux yeux de notre jeunesse ». Cette situation l’affecte terriblement.

En 1952, il embarque sur un bateau avec femme et enfants pour aller à Londres présenter Les feux de la rampe. À bord du navire, il apprend que les autorités américaines ont annulé son visa de retour, le temps de vérifier qu’il est « admissible selon les lois des États-Unis »….

En 1953, las de se battre contre les États-Unis, Chaplin s’installe en Suisse. Il réalise deux films en Europe, Un roi à New York et La comtesse de Hong-Kong, publie My Autobiography et My Life in Pictures, continue à écrire des scénarios et à composer de nouvelles partitions musicales pour ses anciens films muets et ce pratiquement * jusqu’à la fin de sa vie. Il meurt la nuit du 25 décembre 1977.

  • FBI : le dossier Chaplin, de Patrick Cabouat (France, 2019, 55 min).